Le football portugais pourrait perdre l’un de ses symboles les plus forts. Le Boavista Futebol Clube, champion du Portugal en 2001 et figure emblématique de Porto, se trouve aujourd’hui au bord de la cessation d’activité. En cause : le non-paiement d’une échéance cruciale dans le cadre de sa procédure d’insolvabilité, un manquement qui pourrait entraîner la fermeture pure et simple du club.
Un accord respecté… puis brisé
Le 16 décembre dernier, le Boavista avait pourtant réussi à franchir un premier obstacle majeur en honorant une tranche initiale de 55 000 euros, conformément à l’accord conclu avec ses créanciers. Un premier signal encourageant pour un club déjà fragilisé par des années de difficultés financières.
Mais l’espoir aura été de courte durée. Selon le jugement émis par le Tribunal de commerce de Vila Nova de Gaia, les « Panteras Negras » devaient ensuite verser, avant le 10 de chaque mois entre janvier et mars, une somme de 96 000 euros, à laquelle s’ajoutaient les frais mensuels. Une obligation non respectée en janvier.
Le montant en question – 149 680 euros, comprenant la mensualité et les dépenses associées – n’a jamais été déposé. Une défaillance lourde de conséquences.
La fin de l’activité comme issue judiciaire
Le verdict est sans appel. Conformément aux décisions prises lors de l’assemblée des créanciers, l’administratrice de l’insolvabilité, Maria Clarisse Barros, a annoncé le lancement immédiat des démarches visant à fermer l’activité du club. Un scénario déjà acté juridiquement, qui place le Boavista face à une disparition institutionnelle imminente.
Cette décision s’inscrit dans une lente descente aux enfers. En octobre dernier, le club avait déjà renoncé à ses engagements dans les compétitions régionales de l’Association de football de Porto, faute de moyens suffisants pour poursuivre.
Un club fracturé, une identité dispersée
Ironie du sort, pendant que le Boavista Futebol Clube vacille, le Boavista SAD poursuit son parcours dans l’élite de l’AF Porto. En parallèle, un autre club, le Panteras Negras, fondé par des socios désireux de préserver l’âme boaviste, continue lui aussi à évoluer… mais dans la dernière division locale.
Trois entités, une seule histoire, et une identité aujourd’hui éclatée. Une situation qui illustre parfaitement la fracture entre football institutionnel, football économique et football populaire.
Le dernier espoir : investisseurs et unité
Dans un communiqué officiel, la direction du club, menée par Rui Garrido Pereira, reconnaît le paiement manqué, tout en refusant de baisser les bras. Le Boavista assure travailler activement à la recherche d’investisseurs et maintient le dialogue avec les autorités sportives et publiques, dans l’espoir de sauver le club d’un effondrement définitif.
« La situation actuelle, bien que grave, est réversible », affirme le communiqué, qui appelle également à l’unité des socios et sympathisants.
Le Boavista joue désormais son match le plus important. Un match contre le temps.
