Vendredi soir, au Rec, Finn Russell ne sera pas seulement le maître à jouer de Bath. Il sera aussi la cible numéro un. À l’occasion du choc entre Bath et Édimbourg en Investec Champions Cup, le demi d’ouverture écossais s’attend à un accueil musclé de la part de ses partenaires de sélection, bien décidés à lui rappeler que l’amitié s’efface dès que le ballon est en jeu.
Un duel européen aux accents du Tournoi
La rencontre entre Bath et Édimbourg dépasse largement le simple cadre de la phase de poules. Elle oppose deux des meilleures équipes de la poule B et met face à face plusieurs internationaux écossais, à quelques semaines du Tournoi des Six Nations.
Ewan Ashman, talonneur d’Édimbourg, ne s’en cache pas : battre Finn Russell serait un symbole fort. Une rivalité assumée, presque ludique, mais bien réelle. Russell, lucide, accepte son statut de « public frenemy » pour la soirée.
« Il y aura forcément quelques coups tardifs, un peu de trash talk, être maintenu au sol… c’est toujours comme ça quand on joue contre des gars qu’on connaît », sourit le numéro 10.
Russell, leader technique et mental de Bath
À 33 ans, Finn Russell est plus que jamais le chef d’orchestre du projet bathonien. Face à Castres la semaine passée, il a franchi la barre des 500 points sous le maillot de Bath, lors d’un succès éclatant (43-20) qui a rappelé le potentiel offensif du champion d’Angleterre.
Mais si Bath domine sur le plan national, une ligne manque encore à son palmarès : la Champions Cup. Et Russell ne le cache pas, l’Europe est son obsession.
Finaliste malheureux en 2020 avec le Racing 92, l’Écossais sait à quel point cette compétition est cruelle. « J’aimerais vraiment gagner l’Europe. J’ai été proche, très proche. Ce serait incroyable d’y parvenir avec Bath. »
Exigence interne malgré les résultats
Paradoxalement, alors que Bath est en tête de sa poule européenne et deuxième de Premiership, Russell estime que son équipe peut – et doit – faire mieux.
« On est dans une bonne position, mais on n’est pas totalement satisfaits de notre niveau de jeu. Et c’est une bonne chose. »
Un discours qui rappelle celui des grandes équipes de football européennes : gagner ne suffit pas, il faut dominer avec constance.
Une identité offensive en construction
Le demi d’ouverture écossais évoque également l’adaptation tactique en cours depuis le départ de Lee Blackett et l’arrivée de Martin Gleeson à la tête de l’attaque. Bath cherche encore le bon équilibre entre puissance et créativité.
Russell détaille une évolution vers un jeu plus large, plus multi-phases, tout en conservant une force de frappe devant capable d’user n’importe quelle défense. Une approche hybride, à l’image du rugby moderne : structuré, mais libéré.
Un match test avant les sommets
Face à Édimbourg, Bath devra assumer son statut. Pour Russell, ce sera un test grandeur nature, autant sportif que psychologique. Entre rivalité internationale, ambitions européennes et pression du résultat, tous les ingrédients sont réunis pour une grande soirée de rugby.
Un rendez-vous où l’on joue pour un club, mais où les regards sont déjà tournés vers le maillot national. Comme souvent dans les grandes compétitions… du foot au rugby.
